CE QUE FAIT LE NUCLÉAIRE AU CINÉMA

Association Braquage, Paris FRANCE

Séance du 11.03.2026 – 20h30 – Espace en cours

absences du collectif Ø
France, 2018, 6’, 16mm, sonore, NB.

SÉANCE COLLECTIVE

Sur une initiative de Maxime Debruxelles et en présence de Karen Luong & Jérôme Cognet (cinéastes)

Le 11 mars 2011, le cœur du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima Daiichi entrait en fusion, bientôt suivi par ceux des réacteurs n°2 et n°3. Après Three Miles Island aux États-Unis en 1979 et Tchernobyl sur le territoire de l’actuelle Ukraine en 1986, c’est le troisième accident majeur d’une industrie qui prétend être sûre et propre.

La radioactivité est découverte un peu par hasard par Henri Bequerel grâce à du papier photographique. Nous sommes en mars 1896, quelques mois seulement après l’invention du cinématographe. Quels liens le cinéma et le nucléaire entretiennent-ils ? Qu’ils soient civils ou militaires, les cinéastes ont cherché à rendre compte de ces événements « supraliminaires », trop grands pour être encore conçus par l’être humain (Günther Anders). Comment le cinéma peut nous rendre sensible à quelque chose d’invisible, d’imperceptible ?

Films de propagande, ciné-tract, actualités militaires, anecdotes historiques édifiantes : venez découvrir les rapports complexes qui jalonnent l’histoire de l’industrie du spectacle et de celle du secret.

Au programme : 

Sound of a Million Insects, Light of a Thousand Stars de Tomonari Nishikawa
Japon, 2014, 2’, projection numérique, sonore, couleur
« J’ai enterré 30 mètres de négatif 35mm sous des feuilles mortes, le long d’une route de campagne située à environ 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima-Daichi, entre le 24 et le 25 juin, du coucher au lever du soleil. La nuit était belle, le ciel couvert d’étoiles, et l’air d’été empli par le chant des insectes. Ce lieu situé sur l’emplacement d’une ancienne zone d’évacuation, est désormais habité, suite à l’évacuation du sol contaminé. »  – Tomonari Nishikawa

Spetsai de yann beauvais
France, 1989, 15’, 16mm, silencieux, couleur
« Avec Spetsai, yann beauvais se défausse de l’insolente beauté des lieux de villégiatures filmés, en incrustant dans les images un texte extrait de Commentaires sur la société du spectacle de Guy Debord. Au caractère dionysiaque des images de contrées méditerranéennes répond la gravité du texte de Debord sur la radioactivité et la politique du secret nucléaire des États. N’est-ce pas notre propre schizophrénie existentielle que le film dévoile ici ? » – Jean-Michel Bouhours

Notre Ami l’Atome, production Walt Disney
États-Unis, 1957, 10’ (extraits), 16mm, sonore, couleur
Un épisode de la série télévisée Disneyland datant de 1957, qui décrit (très) pédagogiquement les avantages de l’énergie nucléaire. Il s’inscrit dans le cadre d’une campagne de relation publique nationale et internationale orchestrée par le gouvernement états-unien. Son but était alors de promouvoir les utilisations pacifiques de l’énergie atomique, à la suite du discours « Atoms for Peace » du président Eisenhower de 1953, dans le contexte de la Guerre Froide naissante.

Ciel dégagé 3/10ème de Karen Luong & Jérôme Cognet (en leur présence)
France, 2018, 6’, numérique, sonore, couleurs et NB
Ce film est composé de flashs photographiques issus d’œuvres filmiques et fait référence à l’idée de la projection, à la fois du cinématographe mais aussi dans sa forme la plus dévastatrice : la bombe nucléaire. Le titre fait référence aux propos du major Claude Eatherly, chef-pilote d’un avion de reconnaissance météo, le B29 Superfortress « Straight Flush » qui survole Hiroshima le 6 août 1945.

Bombe « H », des Actualités des Armées, juin 1968
France, 1968, 3’ (extrait), 16mm, couleur, sonore
Reportage sur les essais nucléaires près de Mururoa.

absences du collectif Ø
France, 2018, 6’, 16mm, sonore, NB.
Réalisé à Bure, dans la Meuse, à propos d’un projet de stockage de déchets nucléaires, par un duo de cinéastes qui tentent de fabriquer elleux-mêmes des films indépendamment de Kodak & Co. absences s’interroge sur la manière dont les films peuvent être réalisés alors que nous n’avons plus accès à l’énergie qui alimente les caméras ou, surtout, les usines de films.

La Jetée de Chris. Marker
France, 1962, 28’, 16mm, sonore, NB
En répandant la radioactivité, la troisième guerre mondiale a rendu inhabitable la plus grande partie de la surface de la Terre. Réfugiés dans des souterrains, les vainqueurs font subir des expériences traumatisantes à leurs prisonniers : ils les envoient dans le temps.

infos pratiques :

Espace En cours
56 rue de la Réunion, 7520 Paris
Métro Buzenval ou Avron

6€ – paiement sur place en espèces

CONTACT

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